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Publié par Nouvelles Erotiques

Un agent du Musée du Louvre s’attelait à ramasser une à une les plumes douces et légères qui voletaient à chaque mouvement et déplacement du surveillant, déclenchant ainsi son agacement manifeste qu’il exprimait par des jurons à peine étouffés.

Déjà les visiteurs en quête de connaissance se pressaient, poussant de petits cris admiratifs en découvrant les superbes trésors que renfermait ce Musée de renommée internationale. Six jours sur sept à l’heure de l’ouverture, une agitation palpable et bon enfant planait sur les 210.000 m² de pavillons et de galeries offrant à ses visiteurs une opulence culturelle proche d’une certaine forme d’orgie artistique. - Là, j’en vois une autre ! La jeune surveillante descendit de son tabouret et attrapa au vol la plume d’albâtre. - Il faudra signaler au conservateur que des pigeons ont édifié un nid. La jeune femme scruta le plafond cherchant la cachette des volatiles.

Son regard admiratif se perdit sur l’un des multiples ornements figurant sur la voûte. Carna était doctorante en Art et afin de financer ses études, elle avait réussi à se faire embaucher comme agent de surveillance. Le travail était peu captivant mais la simple vue des œuvres magistrales exposées la transportait. Elle s’enivrait de céramiques, de toiles, de bronzes de toute époque, mais ce qu’elle chérissait par-dessus tout, c’était les peintures, mais pas n’importe lesquelles, uniquement les peintures à caractère érotique. « L’origine du monde » de Gustave Courbet l’avait bouleversée.

Elle n’avait que 17 ans, lorsqu’au gré d’une sortie scolaire, elle découvrit ce nu dévoilant sans retenue aucune le mont de Vénus légèrement entrebâillé entre deux jambes écartées et abandonnées. Le contraste entre le gros plan de la pilosité du sexe du modèle et la couleur de la peau invitant à la débauche, avait choqué la jeune Carna qui s’était sentie gênée de percevoir en elle une certaine émotion.

Plus tard, le contenu érotique du « Bain turc » représentant bon nombre de femmes en tenue d’Eve dans un harem l’avait embarrassée également. Elle s’imaginait se prélassant suavement parmi ces dames charnelles au milieu de rires presque innocents, de caresses furtives et de notes de musique fluettes. Que de promiscuité pour ces modèles exposant pour Ingres ! - supposait-elle en scrutant un à un les regards de ces dames peintes en tentant d’en dénicher un brin de lubricité.

Egalement, Carna s’était longuement interrogée sur la position très suggestive du volatile dans «Léda et le Cygne » de François Boucher où femme et oiseau semblent s’accoupler. Quant au thème du libertinage cher à Fragonard et à Watteau, elle se délectait à deviner les sous-entendus de leurs toiles galantes qui ne dévoilaient que passions adultères, corps enlacés et affirmation des mœurs frivoles de la société mondaine du 18ème siècle. - Bonjour, je cherche les œuvres de Canova. Un touriste d’une vingtaine d’années dévisageait intensément la jeune femme en souriant. Carna rougit et bredouilla timidement. - Venez, je vous accompagne. Elle le précéda d’un pas ferme et assuré et lui demanda : - Connaissezvous l’histoire de cette œuvre fascinante ? Le jeune homme nia. Ses cheveux de jais renforçaient la couleur malachite de ses yeux. - Le colonel anglais et amateur d’art, John Campbell, a commandé cette sculpture à Antonio Canova. A la fin du 18ème siècle en Italie, le thème artistique à la mode était la mythologie grecque.

Le sculpteur a mis plusieurs années avant de pouvoir finaliser ce chef-d’œuvre. Il a repris le mythe de Platon. Psyché était d’une beauté effrayante. Aphrodite, la déesse de l’amour, était jalouse d’elle et décida d’envoyer son fils Eros lui planter une flèche dans le cœur afin de rendre la jeune femme amoureuse du mortel le plus affreux et le plus turbide possible. Bien entendu, Eros tomba éperdument amoureux de Psyché. Excédée, Aphrodite endormit sa rivale par le biais d’un parfum ensorceleur dont seul l’amour pouvait annuler l’effet. Eros sort sa dulcinée de ce sommeil éternel par Concours de nouvelles Erotiques Edilivre 2 un baiser.

L’œuvre qui est devant vous représente le moment où Psyché est ranimée par le baiser de l’amour. Appréciez la délicatesse de ce marbre ! - En effet, quelle finesse, le travail est extraordinaire. Le geste alangui de Psyché saisissant la nuque d’Eros est extrêmement gracieux. Le regard épris entre les deux amoureux se veut palpable, intense et pénétrant. Eros est suspendu à la réaction de sa belle. Il fixa Carna. - Mademoiselle, pensez-vous que les statues font l’amour ? La jeune femme le regarda interloquée tandis qu’il se plaçait à présent de l’autre côté de la sculpture en feignant d’effleurer du bout des doigts le corps des amants. Il susurra d’une voix suave. - J’aimerais être Eros. C’est vrai que Psyché est effrayamment belle. Comment ne pas succomber à cette bouche entre-ouverte, à ce corps en attente de caresses, à ses cuisses serrées prêtes à s’écarter ? On a envie que cette toge glisse à terre. Admirez Eros enlaçant délicatement la poitrine de sa jouvencelle ! Son membre est prêt à l’érection. Quelle sensualité dans le mouvement de la tête de Psyché jetée en arrière, abandonnée, prête à recevoir le baiser tendre et passionné d’Eros ! Vous ne trouvez pas ? Carna rougit à nouveau.

La description de l’œuvre de Canova l’avait troublée. Elle n’avait jamais prêté attention à son contenu érotique et n’appréciait guère la teneur de la conversation avec ce touriste zélé qui la séduisait ouvertement et qui plus est, lui plaisait. Il s’approcha d’elle par derrière et lui murmura doucement à l’oreille. Carna se retint de tourner la tête et de goûter ses lèvres charnues. L’haleine mentholée du jeune homme la fit frissonner davantage, elle discerna une bouffée de désir parcourir son jeune corps encore vierge. - Eros perd ses plumes ! Il l’embrassa furtivement dans le cou, lui tendit quelques plumets, afficha un large sourire puis tourna les talons et s’engouffra dans l’aile Sully. Carna l’observa s’éloigner, s’interrogeant si elle n’avait pas rêvé ce bavardage frivole et ce baiser volé. Rapidement, elle reprit, songeuse, son poste de travail. 21h00.

Le Musée était désert et silencieux. Seules quelques bribes de conversation lui parvenaient, ses collègues visionnant une insipide série policière, tout en jetant un œil furtif aux caméras de vidéosurveillance. Carna s’évertuait à avancer sur la rédaction de sa thèse de doctorat dont le thème choisi était l’érotisme ou le désir amoureux dans l’Art. Elle sortit de son cartable quelques reproductions anciennes enseignant des scènes et jeux sexuels en tous genres. Sur ce vase grec, une femme couchée sur le dos écartait son entre-jambe l’offrant à un homme aux cheveux frisés en train de caresser son membre dessiné de manière démesurément disproportionnée. Sur cette amphore, un homme palpait voluptueusement le sexe d’un autre. Sur cette lampe à l’huile, deux jeunes dames nues s’enlaçaient avec gourmandise. Les Japonais adoraient représenter l’acte sexuel habillés en vêtements traditionnels sur les estampes finement peintes datant du 19ème siècle. Seuls leurs entrecuisses exagérément surreprésentés offraient avec minutie le détail de l’anatomie masculine et féminine. Le Kâma-Sûtra enseignait à travers ses multiples et acrobatiques positions comment atteindre les aphorismes du désir en couple ou à plusieurs à travers des illustrations détaillées.

Soudain, Carna perçut un craquement suivi de chuchotements. Elle leva la tête de ses notes et tendit l’oreille. Des gémissements et des rires s’échappaient de la galerie Michel-Ange mêlés à un bruissement d’ailes. Elle décida d’aller chercher les touristes qui s’étaient laissés enfermer, déterminée à les sermonner. Plongée dans une demi-pénombre, l’aile Denon était éclairée par l’intensité du clair de lune. Les soupirs s’intensifièrent, la jeune femme éteignit aussitôt sa lampe de poche. Concours de nouvelles Erotiques Edilivre 3 - Mais j’hallucine ! Elle se cacha aussitôt derrière une sculpture et crut bien défaillir. Eros et Psyché étaient animés. Lui battait des ailes d’excitation et se penchait délicatement sur Psyché qui rapprochait son visage parfait de celui de son amant. Leurs lèvres s’effleuraient ardemment, leurs baisers langoureux semblaient si doux, si délicieux, si sucrés que les deux amoureux émettaient de longs soupirs à chaque étreinte.

Furtivement, Eros fit glisser la fine toge de sa belle et caressa doucement sa fente s’attardant longuement sur son clitoris. Ses doigts entraient et sortaient de la vulve en un lascif va et vient. Psyché se tortillait de plaisir étirant, repliant et écartant alternativement ses jambes. Le pénis d’Eros dressé semblait n’attendre que l’approbation de Psyché pour la posséder et l’aimer de toute son âme. Carna était écarlate. La jeune surveillante sentit son corps s’enflammer subitement, une envie intense d’être pénétrée monta en elle. Elle n’avait qu’un unique désir : se joindre à Psyché et à Eros afin de connaître enfin les plaisirs charnels de l’amour malgré la scène surréaliste qu’elle était en train d’observer. Alors, Eros s’envola et s’allongea délicatement sur Psyché. Sur le point de jouir, il introduisit son sexe très lentement. Puis, les deux amants se mélangèrent, fusionnèrent, se modelèrent en un seul et unique bloc de marbre. - Mais vous vous êtes assoupie ! Le beau touriste aux yeux couleur malachite lui effleurait la joue. Carna sursauta. Elle s’était effectivement endormie assise sur son tabouret à la vue de tous. - Tenez ! Il lui tendit un papier plié en quatre. - Je vous l’avais bien dit que les statues faisaient l’amour. Le jeune homme lui fit un clin d’œil et repartit terminer sa visite. Carna était toute retournée par ce rêve érotique qu’elle venait de vivre et par ce réveil inattendu. Elle vérifia que personne ne l’observait puis déplia le mot doux du jeune séducteur. « Je vous attendrai à 18h00 devant la pyramide. Je vous en prie, laissez-moi vous ranimer par le baiser de l’amour ! Signé. Votre Janus ».

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